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Fondation Louis Vuitton

1 févr. 2020
7 min de lecture

Lundi 27 janvier, les étudiants de la Licence Professionnelle Gestion de L’ESS Management des Organisations Parcours Associatif se sont rendus à Paris afin de découvrir la fondation Louis Vuitton.

Voyage réalisé sous la pluie, enfin réfugiés à l’abri, nous avons pu admirer le bâtiment de l’intérieur.


Construit par Franck Gehry, célèbre architecte Canadien qui vit et travaille désormais à Los Angeles, ce bâtiment offre une expérience aérienne et poétique à ses visiteurs. Connu pour avoir signé ces dernières années des constructions majeures aux Etats-Unis et en Europe, dont le musée Guggenheim de Bilbao, la New-York Tower, le Walt Disney Concert Hall à Los Angeles et sa résidence à Santa Monica, il est enseignant à l’université de Yale et repousse les frontières de l’architecture traditionnelle projet après projet en créant des bâtiments toujours plus poétiques et puissants.

« Nous avons souhaité offrir à Paris un lieu d’exception pour l’art et la culture et fait le pari de l’audace et de l’émotion en confiant à Frank Gehry la réalisation d’un bâtiment emblématique du XXIe siècle. » Bernard Arnault

La forme du bâtiment peut faire penser à un vaisseau, un bouton de fleur, ou même un bateau selon l’imaginaire de chacun. Les formes irrégulières et arrondies de la structure extérieure créent une impression de mouvement, les 12 pièces qui composent cette structure extérieure sont d’ailleurs nommées “voiles”, dissimulée en dessous de ces voiles se trouve la structure même du bâtiment, composée de 12 galeries dans 19 icebergs. La philosophie de Franck Gehry est de créer une multitude d’espaces individuels, reliés entre eux et modulables.

Pour en savoir plus sur l’histoire du bâtiment de la Fondation Louis Vuitton, ouvert au public depuis le 27 octobre 2014, offert à la ville de Paris par le PDG du groupe LVMH Bernard Arnault, vous trouverez des informations détaillées juste ici.


Tout comme Franck Gehry, architecte repoussant les codes traditionnels, Charlotte Perriand a su s’imposer dans ce milieu artistique dominé par les hommes, ainsi que son style, ce qui était à l’époque révolutionnaire. Cette architecte est connue notamment grâce à l’une de ses plus grandes inventions : la chaise longue. Cette créatrice visionnaire a traversé le 20ème siècle, née en 1903 et décédée en 1999, elle est l’une des personnalités phares du design au 20ème siècle qui a contribué à définir un nouvel art de vivre. La Fondation Louis Vuitton lui a consacré une exposition à l’occasion des 20 ans de sa disparition. Charlotte Perriand était une artiste libre et avait une vision de synthèse des arts, pour elle toutes les formes d’art sont liées.

Visite de la première salle, nous découvrons des tableaux, sculptures, tapisseries, et quelques meubles dont la célèbre chaise longue, qui sera présente durant presque toute la visite à travers les différentes époques et univers. Les tableaux exposés sont ceux de Fernand Léger et Pablo Picasso, tous les deux peintres engagés comme Charlotte Perriand ils se fréquentaient et ont eu l’occasion de collaborer ; la tapisserie réalisée par Le Corbusier, grand architecte mais également plasticien ; la sculpture mobile donne un dynamisme et du mouvement, tout comme Charlotte Perriand dans ses créations. Tout le long de cette exposition, 200 de ses meubles sont exposés, mêlés aux œuvres de ses artistes amis, grâce aux prêts de grands collectionneurs et institutions internationales.


Dans la seconde salle nous découvrons l’univers personnel de Charlotte Perriand. Parisienne, ses parents étaient stylistes, elle a étudie à Paris, à l’Ecole de l’Union Centrale des Arts Décoratifs, où elle fait la rencontre de l’artiste photographe Dora Maar, l’une des femmes et muses de Pablo Picasso. Nous découvrons dans cette salle un collier particulier, orné de roulements à billes et non pas de perles, qu’elle portait avec fierté, ainsi qu’une coupe à la garçonne pour affirmer son appartenance à l’époque mécanique. En 1925, elle sort diplômée de l’Ecole et rencontre son premier mari, de 20 ans son aîné, ils emménagent ensemble, elle aménage l’appartement et en fait son atelier. Cet appartement est très moderne : il possède beaucoup d’espace libre, pour elle le brai luxe c’est d’avoir de l’espace et non pas de décorer avec outrance comme le font les traditionalistes. Sa conception scandalise le milieu bourgeois. Derrière chacune de ses créations, il y a de la fonctionnalité, en plus de la modernité et de l’esthétique. Les matériaux utilisés pour l’aménagement de cet appartement sont ceux utilisés pour les hôpitaux, les voitures, les constructions industrielles (acier, caoutchouc, …). La table du salon est très moderne, extensible, elle peut à la fois être discrète et de taille raisonnable pour avoir son intimité, mais aussi de taille plus grande et fonctionnelle afin d’accueillir des invités. Cette table fait partie de ses créations phares, avec la chaise longue, le collier en roulement à billes et la chaise tournante.

« Le vide est tout puissant car il peut tout contenir. » Okakura Kazuko

Charlotte Perriand a collaboré avec Le Corbusier sur de nombreux projets et sujets de recherches, l’artiste avait été séduit par ses premières créations exposées au salon d’Automne de 1927 et l’engage comme responsable du mobilier et de l’équipement de ses villas et immeubles. Cependant ce travail de collaboration ne commençait pas de la meilleure manière possible pour cette artiste libre et féministe, revendiquant ses droits et souhaitant bousculer les codes alors établis, lorsque Le Corbusier, lors de leur première rencontre lui a annoncé “Ici, on ne brode pas de coussins !”. Charlotte Perriand a toujours admiré l’oeuvre de Le Corbusier, et défendu l’architecte, mais pour ce qui est de l’homme derrière c’était autre chose.


L’appartement idéal de l’homme moderne des années 1920 est un espace ouvert, circulant, les séparations entre les pièces ne sont pas des cloisons mais des meubles, des casiers de rangement en métal et verre notamment, tout l’espace est modulable. La structure du meuble est mise en valeur et non plus cachée, il s’agit de la grande modernité des meubles de Charlotte Perriand.

L’appartement du jeune homme des années 1920 est divisé en 2 parties : le sport d’un côté et les études de l’autre. L’entretien et l’entrainement physique du corps est aussi important que l’entretien et l’entrainement intellectuel. Encore une fois, cette aménagement scandalise, non pas le milieu bourgeois mais le milieu moderne cette fois-ci, car est utilisé comme matériau principal le bois, dont Charlotte Perriand affirme la beauté et ne considère pas comme un matériau ancien.

« Ici, on ne brode pas de coussins ! » Le Corbusier

Egalement grande photographe, Charlotte Perriand utilisait cet art pour exprimer son engagement politique. Dans les années 1930, elle avait voyagé en Russie, s’était rapproché du mouvement communiste et souhaitait dénoncer les différences de conditions de vie entre les quartiers pauvres et riches ainsi que les conséquences d’une trop rapide industrialisation sur un territoire. Ses photographies sont également réalisées autour du thème de la nature : se ressourcer et apprendre de la nature. Les “trésors” qu’elle photographie et qu’elle appelle “art brut” est constitué d’objets non modifiés par l’homme. Fernand Léger et Charlotte Perriand s’inspirent mutuellement dans leur art.

Elle participa notamment au salon des arts ménagers, qu’elle utilisait pour dénoncer des inégalités plus que pour présenter ses nouvelles créations. Elle y a par exemple présenté la cuisine ouverte, imaginée pour éviter aux femmes d’être enfermées et coupées de la vie du salon, la pièce des hommes.


L’écrivain, journaliste et philosophe Jean-Richard Bloch lui a demandé dans les années 1930 de lui dessiner un bureau tenant compte de ses besoins professionnels. Ce bureau est grand pour qu’il y ait suffisamment de place pour tous ses papiers, mais aussi pour organiser des réunions avec la dizaine de collaborateurs qu’il est difficile de réunir autour d’une table rectangulaire. La table est constituée d’un épais plateau en bois massif en forme de boomerang, l’assise est située au milieu du boomerang dans son arrondi, et le fauteuil est pivotant. L’absence d’angle droit s’inscrit dans une vision participative du bureau, aucune place n’est plus importante que les autres ce qui permet d’inclure tous les participants.

En 1940, elle reçoit une lettre d’invitation pour aller au Japon en tant que conseillère en art industriel, il s’agit d’une opportunité incroyable pour une femme à cette époque. Le Japon sortait à cette époque d’un isolement qui avait duré des siècles, les étudiants étrangers en design sont invités pour former les japonais. Charlotte Perriand part en bateau au Japon, elle y visite des manufactures, habituée au mobilier occidental essentiellement composé de chaises et de tables, elle s’est “tatamisée” au Japon. Elle a retrouvé ses idées et principes de vie dans le mode de vie japonais : l’espace, la sobriété, la simplicité, le lien avec l’extérieur. Son apprentissage s’oriente autour de 3 grandes idées : la sélection (qu’est ce qui pourrait venir de chez nous et marcher chez les autres) ; la tradition (très belles traditions au Japon dont il faut s’inspirer, les styles) ; la création (rajouter son imagination, sa fantaisie, tout en gardant la fonctionnalité dans chaque objet). La seconde guerre mondiale change son plan d’origine qui était de rester 2 ans au Japon puis rentrer en France, finalement elle a été obligée de partir en Indochine, et revient en France en 1946 en tant qu’artiste affirmée et avec son second mari.


A son retour en France, le pays est en cours de reconstruction, elle y participe en travaillant pour la construction de maisons populaires, auxquelles elle intègre de l’art. Elle participe également à la mise en oeuvre de la cité radieuse de Marseille avec Le Corbusier, des cités universitaires à Paris “Maison du Mexique” et “Maison de la Tunisie”. Au sein de ces cités universitaires, la bibliothèque est moderne, en bois et métal, et permet de séparer la chambre et la salle de bain, plusieurs tables sont disposées et le tabouret est insipré des tabourets anciens d’origine savoyarde utilisée pour traire les vaches.


Pour finir cette visite, nous avons découvert la Maison au bord de l’eau. Créée en 1943, à l’époque les congés payés n’existaient pas encore, mais Charlotte Perriand espérait qu’ils existent un jour et décide de concevoir une maison près de l’eau inspirée du Japon. Une maison tonneau a également été réalisée en 1938, montable et démontable, comme la maison sur l’eau mais pour la montagne.

Pour plus d’informations sur les toutes créations de Charlotte Perriand vous retrouver un article très détaillé juste ici.


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©2020 Crée par Abu MIRDHA Admnistrateur et Chef de projet du Reseau d'Anciens Licence professionnelle Droit Economie Gestion Campus de Fontainebleau.

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